Né à Salon-de-Provence, passionné d’aviation, comme son père, ce dernier lui avait confié une ferme laitière près de Chablis. Bien lui en a pris, car non seulement c’est là qu’il a rencontré Gaby, son épouse. Mais c’est aussi là qu’il s’est inoculé le virus du vin. Alain Combard est un volontaire, un de ces hommes qui n’hésite pas à se lancer une fois sa décision arrêtée.

En 1968, dans un aéro-club de la région, il fait la connaissance de Michel Laroche, jeune vigneron chablisien, lui aussi passionné d’aviation. Ils décident alors de s’associer pour fonder un des vignobles-phares de l’appellation. Après 22 ans de collaboration, Alain Combard, qui a eut le temps de se former la vitiviniculture, décide de tenter sa chance. Il parcourt les régions viticoles à la recherche du domaine de ses rêves pour s’installer à son compte.

Novembre 1991. Une fois n’est pas de coutume, il pleut sur la Méditerranée. Alain débarque à Saint-André-de-Figuière par la petite route bordée d’oliviers et tombe en pâmoison devant les 18 hectares du vignoble. En juin de l’année suivante, il signe l’achat alors que les vendanges arrivent à grand pas. Guère de souci pour le blanc où le savoir-faire chablisien fait ses preuves de manière magistrale. Pour le rosé, en revanche, il mettra les bouchées doubles. Très vite, il se persuade d’une chose : le rosé de Provence mérite d’être l’égal d’un grand blanc.

Mission accomplie. Quelques régates autour de Porquerolles et quelques vendanges plus tard, Alain Combard s’amourache du mourvèdre, passion qu’il partage avec son fils, François, venu le rejoindre sur le domaine. Ce bougre de cépage lui fait faire des infidélités aux blancs et rosés et, grâce à lui, il réussit l’un des rouges les plus fins de la Côte d’Azur. Fort de ces succès, il fait appel à ses filles pour développer en famille un domaine qui s’inscrit déjà dans la catégorie des plus ambitieux et des plus sérieux du Sud de la France.

Dès que le vin est en bouteilles, c’est Delphine, l’aînée des enfants de Gaby et Alain Combard qui prend en charge son expédition et sa diffusion. Un travail qu’elle maîtrise parfaitement après une licence de Sciences économiques à la Sorbonne, mais surtout après quatre années passées en tant que gestionnaire administratif de plusieurs villages du Club Méditerranée de Bora-Bora à la Turquie, en passant par la Malaisie. Durant huit ans, elle a géré avec enthousiasme la partie hôtellerie de l’association Villages Vacances Familles à Biarritz.

C’est sur la plage de la Chambre d’Amour qu’elle rencontre son compagnon, Edouard, un surfeur champion de France de cerf-volant également parapentiste. En 2004, appelée par son père, elle intègre la propriété avec la ferme intention de parfaire ses connaissances en vins. Consciente de la beauté du site et de la diversité des tâches à accomplir – ici, la polyvalence est de mise -, amoureuse du potager bio qu’elle partage avec son frère François, Delphine est persuadée que le respect de la nature est une nécessité, une obligation à laquelle tout citoyen se doit de participer.

Delphine Combard en pince pour le rouge « François », un vin qu’elle marie volontiers aux fromages. Mais comme toute la famille, elle adore aussi les rosés. Il lui reste à faire plus ample connaissance avec sa région d’adoption et à concocter de bons petits plats provençaux en s’inspirant de sa maman, Gaby.